** DECOUVREZ MAROC
L’intervention fulgurante des services de la Sûreté nationale à Settat, déclenchée par des alertes médiatiques concernant la maltraitance d’un mineur à Ben Ahmed, marque un tournant décisif dans l’interaction entre les plateformes d’information et les institutions répressives au Maroc
Ce fait divers, loin d’être un cas isolé, met en lumière la mutation fonctionnelle des médias numériques, Naguère cantonnés au rôle de simples diffuseurs ou, dans le pire des cas, de vecteurs de sensationnalisme, les espaces digitaux s’imposent désormais comme des mécanismes de vigilance citoyenne et des canaux d’alerte précoce au service de l’intérêt supérieur de l’enfant
La réactivité de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) face aux publications partagées témoigne d’une mise à niveau de la doctrine communicationnelle de l’institution, En intégrant la « veille numérique » comme un outil d’aide à la décision opérationnelle, la police marocaine démontre une adaptabilité remarquable aux réalités de l’espace public virtuel
Toutefois, le défi déontologique pour les professionnels des médias reste entier : il s’agit de structurer cette coproduction de la vigilance pour éviter que la couverture des violences faites aux enfants ne sombre dans le voyeurisme ou la diffamation, mais demeure un levier d’action publique rigoureux, respectueux de la dignité et de la vie privée des victimes.