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Directeur de publication : Mohamed Khartouf
Economie

L’économie marocaine en 2023 : Une situation sous pression

Depuis le début de 2023, l’économie marocaine a résisté aux chocs économiques et géopolitiques internationaux. La politique monétaire engagée par le Royaume a permis, entre autres, de maintenir la stabilité monétaire. Mais elle n’est pas parvenue à juguler l’effet inflationniste qui plane depuis un an maintenant.

Pendant le premier trimestre de l’année 2023, le taux directeur a grimpé de 50 points de base, passant ainsi de 2,5% à 3%. Cette politique monétaire mise en oeuvre par Bank Al-Maghrib (BAM), en l’occurrence le relèvement du taux directeur, devait influer sur la tendance inflationniste qui a atteint un niveau inquiétant au Maroc. Cette mesure de resserrement monétaire est intervenue dans un contexte critique où l’inflation avait atteint 10,1% en février 2023. Qualifié d’inquiétant, le phénomène d’inflation avait franchi un niveau record pendant les trois premiers mois de l’année 2023, passant de 8,9% en janvier à 10,1% en février, puis à 8,7% en mars de la même année. Une tendance haussière qui a été accompagnée de manière systématique d’un accroissement de l’indice du prix de consommation (IPC). L’augmentation du taux directeur devait indirectement donner un coup de frein à la montée en flèche des prix produits alimentaires. Mais c’est le contraire qui s’est produit. Ce constat rend légitime de considérer que le phénomène de l’inflation n’est pas la résultante de facteurs purement et simplement internes, nous explique Kamal Zahraoui, enseignant assistant à la faculté de sciences économiques, juridiques et sociales de Casablanca. Une part de cette inflation est importée, souligne pour sa part Mehdi El Fakir, analyste économique. Malgré la politique monétaire de resserrement amorcée par BAM depuis le début de cette année, la hausse des prix alimentaires ne semble pas être jugulée. En effet, l’indice du prix à la consommation (IPC) a affiché, en février 2023, une hausse de 4% – la plus importante sur toute l’année 2023, dont les fruits et légumes y ont grandement contribué. La composante des fruits et légumes a bouclé le premier trimestre de 2023 sous le signe d’une légère baisse de l’IPC, qui a sensiblement augmenté de 0,3%. « L’économie nationale démontre de plus en plus que nous sommes une économie qui a su entretenir ses fondamentaux », explicite M. El Fakir. En dépit de la spirale inflationniste, l’économie nationale a maintenu la stabilité de la monnaie. « Et même celle du taux directeur », poursuit-il. La croissance économique estimée à 2,7% en 2023 se situe à un niveau honorable selon notre interlocuteur. Facteurs externes Les fondamentaux macroéconomiques sont bons. Toutefois, le modèle économique du Maroc souffre de beaucoup d’insuffisance sur le plan microéconomique. A ce propos, l’économiste pointe du doigt l’érosion de l’épargne, le taux de chômage et la baisse de confiance chez les ménages. Des mesures ont été mises en oeuvre pour encourager l’épargne comme par exemple l’augmentation du taux des dépôts à terme et celui des comptes sur carnet, mais sont-elles vraiment suffisantes pour encourager les ménages à épargner, d’autant plus que dans ce contexte actuel, le panier de la ménagère a subi de plein fouet l’effet négatif de l’inflation. Pour Kamal Zahraoui, l’économie marocaine fait face à un défi majeur. D’une part, la situation économique au Maroc est principalement impactée par des facteurs purement externes et exogènes. « En Amérique, il y a eu une impression importante de dollar », rappelle- t-il. « C’est un niveau record dans l’histoire de l’économie mondiale », lance-t-il. Cette masse en circulation a contribué à la dépréciation de la monnaie du dollar et de l’euro. Etant donné que le dirham est indexé à l’euro (60%) et au dollar (40%), et vu que les deux monnaies étrangères ont vu leur valeur baisser, l’impact sur notre monnaie s’est fait sentir, analyse-t-il. La conjoncture économique marocaine en a fait les frais. En somme, la hausse des prix n’est pas un fait conjoncturel temporaire mais plutôt structurel. Prpblèmes sociétaux La pérennité du développement économique est tributaire de la demande intérieure, et de facto de celle de la classe moyenne dont le pouvoir d’achat a été lourdement impacté. « Il faut accélérer les chantiers structurants pour créer une économie solide », conseille M. El Fakir. « Les disparitions sociales et sociétales risquent de nuire à notre économie », fait-il remarquer. Il faut relancer les réformes plutôt que d’opter pour des mesures procédurales, conclut-il. En plus, le taux de chômage enregistrée au Maroc depuis le début de l’année 2023 a atteint 12,4%, ce qui est alarmant. « L’explosion du chômage démontre à quel point notre économie souffre de problèmes sociétaux, malheureusement », regrette-t-il.

source: maroc-hebdo.press.ma

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