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Directeur de publication : Mohamed Khartouf
Science

Recherche en sciences politiques au Maroc: Entre défis et perspectives

Dans les arcanes du développement hésitant et des embûches rencontrées par la recherche en science politique au Maroc, la discipline semble encore chercher son identité, souligne une récente étude publiée dans la 7e édition du magazine « Tendances politiques ». Baptisée « Le parcours de la recherche scientifique en science politique à l’université marocaine: aperçu global », l’étude publiée dans l’édition de mars 2024 du magazine « Tendances politiques » du Centre démocratique arabe des études stratégiques, économiques et politiques, fait savoir que malgré près d’un demi-siècle d’enseignement dans les universités marocaines, la recherche en science politique au Maroc peine toujours à définir clairement son identité. Principalement ancrée dans les facultés de droit, cette discipline adopte une approche juridique pour interpréter les phénomènes politiques, ce qui freine son évolution. De plus, des défis tels que la liberté académique des chercheurs entravent la recherche politique dans la région arabe. Dans les détails, la chercheuse Tahajoub Bouguerioune explique que la progression de la production académique en science politique au Maroc a été constatée en termes de volume, en grande partie en raison de l’augmentation du nombre d’étudiants dans les universités marocaines. Cependant, cette accumulation de connaissances et de recherches souffre encore du manque de créativité dans les propositions et de l’authenticité dans l’approche des phénomènes politiques, selon les méthodes d’analyse moderne et critique. Cette lacune, d’après l’étude, remet en question le rôle central de l’université en tant que source de connaissance pour expliquer l’environnement politique et contribuer au développement de la recherche et de l’enseignement politique. Concernant les activités et les centres de recherche dans le Royaume, l’étude précise qu’environ 30 centres de recherche étaient reconnus en 2012, plaçant ainsi le Maroc au quatrième rang arabe à ce niveau. Toutefois, ces institutions font face, dans le monde arabe en général, à un blocage démocratique qui rend la recherche indépendante inexistante dans un environnement intellectuel libre, marginalisant ainsi les efforts de recherche dans le processus de prise de décision et de formulation des politiques. La chercheuse souligne également que les politiques de recherche universitaire en général étaient très mauvaises et reposaient sur des méthodes anciennes en sciences politiques, montrant ainsi un échec à répondre aux exigences de la connaissance contemporaine. Elle a considéré que si la liberté académique est l’un des fondements d’une recherche scientifique sérieuse en science politique, le soutien financier indépendant des chercheurs et l’enrichissement des bibliothèques universitaires en sources scientifiques d’une grande valeur intellectuelle sont tout aussi importants. Par ailleurs, l’étude note que la spécialisation en science politique doit également offrir des opportunités d’emploi, car il est observé qu’une grande partie des diplômés en sciences juridiques et politiques ne trouvent pas de débouchés universitaires en tant que professeurs, mais la plupart travaillent dans des domaines éloignés de la politique, rejoignant des mouvements politiques ou des associations civiles, entre autres.

source: fr.hespress.com

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