
Au Maroc, la réforme du code de la famille entre les mains du roi
Une première mouture du projet a été remise à Mohammed VI, qui doit prochainement livrer ses arbitrages. Les féministes gardent espoir, avec des progrès attendus sur l’égalité dans le couple, la tutelle familiale et l’héritage.
Au cabinet royal de trancher. Lorsque le projet de réforme du code de la famille (ou Moudawana) aura l’imprimatur du roi du Maroc Mohammed VI, son adoption au Parlement ne sera plus qu’une formalité. « Rien ne filtre, on espère un changement profond qui remettrait en question le droit actuel, fondé sur un système patriarcal, mais l’instance consultative chargée de rendre sa copie a travaillé dans la plus grande discrétion », trépigne Aïcha Zaïmi Sakhri, présidente de l’Association pour la promotion de la culture de l’égalité. Celle-ci a lancé en décembre dernier les premières assises du féminisme pour contribuer au débat. Corriger les « imperfections » Le code marocain de la famille a déjà fait l’objet d’une large refonte en 2004. Celle-ci consacrait la responsabilité conjointe des deux époux, le droit pour la femme de demander le divorce, l’élévation de l’âge du mariage à 18 ans… Et en 2011, la nouvelle Constitution intégrait un article 19 établissant la pleine égalité entre les femmes et les hommes. Mais ce grand principe s’est par la suite peu décliné dans les divers codes juridiques. D’où la demande royale de « lever les obstacles » de corriger certaines « imperfections ». En septembre dernier, une commission, composée de membres du gouvernement et des hautes sphères du pouvoir judiciaire, a été chargée de formuler des propositions.




