
Trump de nouveau au pouvoir : les relations avec le Maroc vouées à un grand essor
Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, officialisé ce lundi 20 janvier, ouvre la voie à un nouvel élan dans les relations entre Washington et Rabat. Avec des enjeux stratégiques comme la consolidation de la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara marocain et la stabilité au Sahel, l’administration Trump pourrait adopter une posture encore plus favorable aux intérêts marocains. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche marque un nouveau rebond prometteur pour le Maroc. La reconnaissance américaine de la souveraineté du Royaume sur le Sahara, officialisée en décembre 2020 sous son premier mandat, reste un jalon majeur de la diplomatie bilatérale. Cependant, des attentes persistent, comme l’ouverture du consulat américain à Dakhla, un engagement pris il y a quatre ans mais toujours en suspens. Cette dynamique pourrait être relancée grâce à l’implication de figures clés de l’administration Trump, notamment Marco Rubio, nouveau Secrétaire d’État, qui a réaffirmé son soutien à la marocanité du Sahara et appelé à des sanctions contre l’Algérie pour ses liens militaires avec la Russie. En outre, et dans un contexte de tensions géopolitiques au Sahel, où le Maroc se positionne comme un partenaire africain fiable, la coopération entre Rabat et Washington est appelée à s’intensifier. La proposition marocaine d’un accès maritime pour les pays enclavés du Sahel via le port de Dakhla illustre l’ambition du Royaume d’allier développement économique et stabilité régionale, un objectif qui trouve écho dans les priorités stratégiques américaines. Mais ce rapprochement pourrait aussi être influencé par les défis commerciaux, notamment le renouvellement de l’AGOA en 2025, dans un climat marqué par la concurrence sino-américaine. Retour de Donald Trump à la Maison Blanche : une bonne nouvelle pour le Maroc Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche est une bonne nouvelle pour le Maroc, principalement sur la question du Sahara, indique à Hespress Fr le professeur d’Études stratégiques au Collège de défense (NDC) des Emirats Arabes Unis à Abou Dhabi, Mohamed Badine El Yattioui. “Une dynamique positive est en marche. Le consulat américain à Dakhla se fait toujours attendre, 4 ans après et pourrait enfin être mis en place. Puneet Talwar, ambassadeur à Rabat depuis 2022, a choisi de démissionner avant l’investiture du nouveau président américain. Le choix de son successeur sera important à analyser”, souligne-t-il. De plus, “Marco Rubio, le nouveau Secrétaire d’État, a clairement réaffirmé la semaine dernière devant le Sénat, le soutien américain à la marocanité du Sahara et on se souvient de sa lettre à Antony Blinken, en 2022, demandant des sanctions, qu’il pourrait désormais vouloir appliquer, contre Alger pour ses achats militaires importants en Russie, au nom du Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act”, fait remarquer M. El Yattioui. En parallèle, poursuit le professeur d’études stratégiques, “le Représentant républicain de la Caroline du Sud, Joe Wilson, a qualifié le polisario d’organisation terroriste, qu’il accuse de vouloir déstabiliser la région avec la complicité de la Russie et de l’Iran”. “Le polisario constitue une menace réelle à la sécurité des pays du Maghreb et du Sahel, dans un contexte régional marqué par l’alliance entre des séparatistes armés et des terroristes. Le déplacement de l’activité terroriste vers le Sahel, depuis de nombreuses années, représente une source de déstabilisation pour tout le Maghreb. Les liens entre ce groupe séparatiste et des réseaux terroristes ne sont plus à démontrer et l’instabilité dans certains pays de la région favorise le délitement des contrôles frontaliers et le passage d’armes. De plus, le trafic de drogues a connu une recrudescence dans le Sahel du fait de ces situations chaotiques et le polisario n’est pas en reste dans l’utilisation de ce business pour financer son action séparatiste”, affirme M. El Yattioui. Les États-Unis ont besoin d’un partenaire fiable comme le Maroc pour préserver leurs intérêts au Sahel Toujours en lien avec le Sahel, le professeur des études stratégiques est d’avis qu’ “il est important que les États-Unis restent engagés dans la recherche de solutions concrètes pour préserver leurs intérêts dans cette région. Pour cela, ils ont besoin de partenaires africains crédibles et fiables. Le Maroc est sans aucun doute l’un d’eux. De plus, les menaces pour les deux pays finissent par être les mêmes. Il existe une convergence”. Les États-Unis pourraient également, d’après M. El Yattioui, soutenir l’Initiative lancée par le Roi Mohammed VI, offrant aux pays enclavés du Sahel un accès à l’Océan Atlantique à travers le futur port de Dakhla. “Une initiative permettant de développer économiquement ces pays et sortir du tout sécuritaire qui a prévalu depuis plus de dix ans. De plus, cela permettait à Washington de contrer les ambitions russes et chinoises, et dans une moindre mesure iraniennes, au Sahel”. Et de rappeler aussi que “lors de son premier mandat, Donald Trump n’a effectué aucun voyage officiel en Afrique”. Le commerce est un élément important des relations États-Unis-Afrique, et le renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), en 2025, est un véritable test face au projet protectionniste du président américain. En effet, “l’AGOA permet à plusieurs pays africains d’exporter en franchise de droits vers les États-Unis. Les relations commerciales avec l’Afrique pourraient être influencées par la « guerre économique » avec la Chine, si Donald Trump demande aux Africains de choisir entre les deux géants”, explique l’analyste.




