** DECOUVREZ MAROC
La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a souligné, mardi à Rabat, la nécessité de renforcer le plaidoyer international afin de garantir une protection universelle des droits humains à l’ère de l’intelligence artificielle et des espaces numériques
S’exprimant lors d’une rencontre consacrée aux « Droits de l’Homme et à l’intelligence artificielle », organisée dans le cadre du 7ᵉ Congrès du Réseau des institutions nationales des droits de l’Homme de l’espace francophone, Mme Bouayach a insisté sur l’importance d’un accès équitable et juste aux technologies avancées, notamment pour les pays émergents et ceux du Sud
Elle a indiqué que les technologies numériques et les systèmes d’intelligence artificielle peuvent contribuer de manière significative à l’effectivité de droits fondamentaux, en particulier le droit à la santé et le droit à l’éducation, tout en relevant que ces technologies demeurent largement inaccessibles dans de nombreux pays émergents et africains
Par ailleurs, Mme Bouayach, également présidente de l’Alliance globale des institutions nationales des droits de l’Homme, a mis en garde contre la domination des grandes entreprises technologiques, dont les choix liés à la conception, à l’entraînement ou à l’exploitation des systèmes d’IA peuvent parfois privilégier des intérêts privés au détriment des droits humains et menacer les fondements mêmes de leur protection
Elle a souligné que les impacts négatifs des systèmes d’intelligence artificielle dépassent les frontières nationales et constituent des défis globaux, appelant ainsi à une protection universelle des droits et libertés. Dans ce contexte, Mme Bouayach a rappelé le rôle central des institutions nationales des droits de l’Homme, réunies au sein de réseaux régionaux et d’une alliance mondiale regroupant des institutions de plus de 120 pays, dans le plaidoyer international pour la défense de la dignité humaine et des droits universels face aux défis posés par l’intelligence artificielle
Le congrès, qui se tient sur deux jours, vise à élaborer une feuille de route opérationnelle destinée à renforcer les capacités des institutions nationales de l’espace francophone à faire face aux transformations numériques, notamment à travers la mise en place de cadres éthiques et juridiques garantissant le respect des droits humains dans les politiques publiques numériques
L’accueil de cet événement par le Maroc, à travers le CNDH, illustre l’engagement constant du Royaume en faveur du renforcement de la coopération internationale en matière de droits de l’Homme et de la promotion du dialogue entre les institutions nationales face aux défis émergents.