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Directeur de publication : Mohamed Khartouf
Tourism

Quand la blancheur envie le rouge de Marrakech… « Al-Tabrouri » écrit un poème de neige sur le front des palmiers

** Mustapha ABYAD
En ce jour d’exception au pays des « Sept Saints », le ciel a choisi de courtiser Marrakech ce samedi 9 avril 2026, délaissant son lexique habituel pour une prose de cristal. Une pluie de grêle, telle une traînée de diamants, a enveloppé la Cité Ocre d’un voile immaculé, la transformant en une mariée de l’Atlas célébrée au cœur du désert

Le spectacle offrait une joute chromatique saisissante : d’un côté, le rouge des remparts historiques, gardiens d’une mémoire ardente ; de l’autre, la blancheur du givre, cet invité impromptu, aussi imposant qu’éblouissant,Les perles de glace, délicatement posées sur les palmes altières, semblaient coiffer les arbres de turbans de soie, tels des ascètes en prière dans le silence de l’instant. Les artères de la ville, métamorphosées en miroirs cristallins, reflétaient la stupeur des Marrakchis, incrédules face au sommet du Toubkal qui semblait être descendu de son piédestal pour flâner solennellement dans les rues de Guéliz et les dédales de la Médina. Sous l’ombre des minarets caressant les nuées, la morsure du froid n’a point altéré l’humour légendaire des habitants

Les places publiques se sont muées en théâtres à ciel ouvert où se jouait la pièce « Neige et Sable ». Ici, un jeune homme effleure la terre blanchie comme s’il touchait un nuage égaré ; là, des enfants pourchassent les grêlons tombés comme un collier de perles rompu au cou de la Cité Rouge, offrant ainsi un répit inattendu à l’éternelle fournaise du soleil

Sur les trottoirs, une fresque impressionniste se dessinait : les calèches, symboles d’un temps suspendu, semblaient traverser un tunnel temporel vers les capitales brumeuses du Nord. Pourtant, les effluves d’une Tanjia fumante et le parfum du thé à la menthe s’échappant des échoppes rappelaient l’évidence : nous sommes bien au cœur du Maroc, là où même la pluie choisit de s’inviter avec une élégance royale

Ce fut une journée d’une pureté absolue. En lavant la lassitude des pavés, ce manteau blanc a offert à Marrakech un instant d’immortalité esthétique. Preuve est faite que la cité n’est pas seulement « Rouge » par ses murs, mais qu’elle est plurielle par sa beauté et « Blanche » par la noblesse d’âme de ses enfants.

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