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Directeur de publication : Mohamed Khartouf
Monde

La femme soulalia au cœur de la « révolution des droits » à Kelaa Sraghna

**RHAL RIHANI

 Le débat sur la gestion des terres collectives à Kelaa Sraghna ne relève plus d’une simple discussion technique sur les superficies et les cadastres ; il est devenu, dans son essence, une bataille juridique et humaine pour la consécration d’une citoyenneté pleine et entière, dont la femme « soulalia » est la figure de proue

Le colloque scientifique accueilli par la province ne pouvait parachever sa dimension de développement sans intégrer l’approche genre comme condition sine qua non de toute réforme institutionnelle

Les mutations législatives que connaît le Maroc aujourd’hui ne se contentent pas d’ouvrir les portes de l’investissement, elles brisent des chaînes historiques qui ont, durant des décennies, entravé l’accès des femmes à leurs droits légitimes de jouissance et de propriété L’enjeu actuel à Kelaa Sraghna, tel que souligné par les interventions judiciaires et académiques, dépasse la simple reconnaissance formelle des droits pour atteindre le stade de « l’autonomisation effective »

L’implication des femmes soulaliates dans le cycle de production agricole et immobilier n’est pas un luxe militant, mais une nécessité économique dictée par les impératifs de la bonne gouvernance. Consacrer l’égalité d’accès au patrimoine foncier collectif, c’est réhabiliter une moitié de la société restée longtemps en marge des cercles de décision au sein de la « Jemaâ Soulalia »

C’est pourquoi la numérisation des listes et l’audit des ayants droit constituent les véritables passerelles vers l’équité pour la femme rurale, la protégeant ainsi contre toute forme d’exclusion ou de marginalisation, En conclusion, le modèle que dessine aujourd’hui Kelaa Sraghna porte un message fort : il n’y a pas de développement territorial réel sans justice sociale, et point de justice sociale sans l’équité envers la femme soulalia

Transformer le foncier collectif en levier stratégique exige une volonté commune qui marie la rigueur de la loi à la flexibilité de la pensée humaniste, C’est à cette seule condition que la « terre » restera un symbole de stabilité et de dignité pour tous les ayants droit, femmes et hommes, dans un Maroc qui place la dignité humaine au-dessus de toute considération.

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