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Directeur de publication : Mohamed Khartouf
Cuisine

Cuisine et restauration: Des opportunités de formation pour les trisomiques

Aspirer à une autonomie professionnelle en apprenant un métier est presque à portée de main pour les jeunes bénéficiaires du Centre SAR le Prince Moulay Rachid pour les personnes trisomiques à Rabat. Ce centre de formation et d’accompagnement, géré par l’Association marocaine de soutien et d’aide aux personnes trisomiques (AMSAT), permet aujourd’hui à ces jeunes de disposer d’une formation professionnelle dans la cuisine et la restauration. Ce projet donne ainsi une opportunité précieuse à ces jeunes pour pouvoir s’intégrer dans la société à travers la profession. «Nous veillons également à mettre en oeuvre tout ce qui peut être nécessaire au développement physique, intellectuel et moral de la personne trisomique, en conformité avec ses aspirations», explique Nahid Ghanem, chef de projet à l’Association marocaine de soutien et d’aide aux personnes trisomiques (AMSAT). 
Pour bénéficier de cette formation, il faut être inscrit au centre et surtout manifester l’intérêt d’apprendre ce métier, dont le jeune fait part directement à un de ses éducateurs ou à son parent. Ensuite, un entretien se fait par l’éducateur spécialisé, le responsable du restaurant, en tenant compte de l’avis du psychologue qui suit le jeune, afin d’avoir une idée sur la motivation et la capacité de celui-ci, tout en respectant la continuité de son projet de vie. 
Aujourd’hui, la formation au restaurant pédagogique du centre bénéficie à presque 40 jeunes. La formation pour les cuisiniers se fait du lundi au jeudi, alors que le vendredi est consacré aux nouveaux et aux jeunes qui préfèrent se spécialiser dans l’atelier traiteur (Service, préparations de gâteaux, confitures, tapenades…). Les débutants sont intégrés au fur et à mesure avec les plus anciens dans le but de les pousser à apprendre à travers l’échange en groupe. Chaque équipe est constituée de 8 à 10 jeunes au maximum, et bénéficie en plus de la formation pratique, d’une formation théorique avec un éducateur spécialisé. «Le travail personnalisé cas par cas en restant en groupe permet de les pousser à donner plus et devenir meilleurs. L’ambiance dans le restaurant fait régner la compétitivité et le challenge en continu, et l’engagement des jeunes ne fait que les aider à mieux aller de l’avant et de se dépasser», explique Nahid Ghanem. La préparation au travail en cuisine se fait par l’apprentissage des noms des aliments, les principes d’hygiène, les différentes unités de mesures pour les personnes capables sinon c’est un travail avec des pictogrammes pour ceux qui ont moins de capacité. Après l’initiation, les jeunes cuisiniers passent au travail appliqué de restauration via le restaurant pédagogique qui ouvre au public 4 jours par semaine. Ce choix est fait dans le but de placer le jeune dans une situation réelle avec de vrais clients et un service à assurer, tout en restant dans un milieu qu’il connaît. Les clients au départ étaient composés du personnel du centre, par la suite le restaurant a été ouvert au public. Les plats sont préparés et servis par les jeunes sous la supervision des chefs cuisiniers. Certains des  premiers étudiants-cuisiniers ont acquis un savoir-faire qui leur permet de passer maintenant des stages dans des restaurants sur la ville de Rabat, comme Cosmopolitan, le Dhow, Villa Mandarine, l’ancien Le grand comptoir. Ces restaurants ont accueilli pour expérience les premiers stagiaires et maintenant ils en demandent toujours d’autres. L’un des bénéficiaires de cette formation a même participé en 2015 au célèbre concours français de cuisine pour personnes porteuses d’un handicap mental «L’Assiette Gourm’Hand». Il arrive aussi que le restaurant accueille des réceptions comme récemment pendant le Ramadan avec l’évènement «ftour Voyageuses» où l’équipe devait gérer plus d’une cinquantaine d’invitées, alors que la capacité normale du restaurant est de 40 clients. Un challenge de taille qui a pu mettre à rude épreuve les compétences des jeunes cuisiniers et donner satisfaction à tout le monde.
La formation au sein du restaurant pédagogique du Centre SAR Prince Moulay Rachid reste une belle opportunité d’intégration professionnelle pour ces jeunes, du moins jusqu’à ce que le travail soit légalisé pour les personnes à handicap mental. 

source: leconomiste

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