REPORTAGE – Magazine Découvrez Maroc
La violence basée sur le genre demeure une réalité préoccupante au Maroc, malgré les avancées législatives, Les données les plus récentes, mises en lumière par des enquêtes et rapports nationaux et internationaux, montrent que ce phénomène touche encore une proportion significative de femmes, au sein des familles comme dans l’espace public.
Chiffres clés récents :
Selon une étude menée sur la période 2018-2023, 15 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont déclaré avoir subi des violences au cours des 12 derniers mois, avec une prédominance de violence verbale (≈ 90 %) suivie de violences psychologiques et physiques.
Les agresseurs ne sont pas toujours des proches :
dans 40 % des cas, ce sont des non-membres de la famille, tandis que dans 38 % des situations, les auteurs sont des conjoints ou partenaires
WHO EMRO :
Des associations locales ont enregistré près de 29 000 cas déclarés de violence envers les femmes, avec une domination claire des violences psychologiques.
Hespress :
Une enquête nationale du Haut-Commissariat au Plan indique que plus de 52 % des femmes ont subi des violences dans un contexte familial ou conjugal
La Quotidienne :
Ces chiffres pourraient être largement sous-estimés, car la stigmatisation sociale, la peur de représailles et le manque d’information dissuadent encore de nombreuses victimes de porter plainte Témoignages :
« J’ai vécu dans la peur pendant des années, Chaque cri, chaque geste violent me rappelaient que je n’étais pas libre, J’avais honte de parler… jusqu’au jour où j’ai osé demander de l’aide, Ça a changé ma vie.
» – Sofia, 32 ans, Casablanca « Quand j’ai essayé de porter plainte, on m’a dit : “c’est la famille, règles-ça en privé”… Je me suis sentie seule. Heureusement, une association m’a accompagnée jusqu’au tribunal. Aujourd’hui je me reconstruis. »
– Nour, 27 ans, Rabat Ces récits illustrent l’impact humain profond de la violence, bien au-delà des chiffres. Etat des lieux juridique En 2018, le Maroc a adopté une loi spécifique criminalisant toutes les formes de violence faites aux femmes, offrant des mesures de protection et des sanctions pénales
Malgré cet acquis, les acteurs de la société civile soulignent que l’application reste inégale, et que l’accès à l’assistance juridique et à l’accompagnement psycho-social reste insuffisant pour de nombreuses victimes.
Initiatives et mobilisation Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a récemment lancé une campagne de lutte contre la violence numérique dirigée contre les femmes et les filles, un phénomène en croissance, notamment chez les jeunes.
Maroc Chaque année, durant les 16 jours d’activisme (du 25 novembre au 10 décembre), des campagnes nationales impliquent associations, pouvoirs publics et citoyens pour sensibiliser et encourager le signalement des violences.
Tanmia.ma : Enjeux et défis Les chiffres et témoignages montrent que la violence envers les femmes reste un enjeu majeur de société au Maroc, avec : des violences souvent invisibles ou non signalées des barrières culturelles et sociales persistantes un besoin accru d’accompagnement, d’éducation et de sensibilisation
Conclusion Malgré des progrès législatifs, la lutte contre la violence fait encore face à des obstacles importants. Pour un véritable changement, la société toute entière – familles, institutions, médias et éducateurs – doit s’engager à dénoncer, soutenir et protéger les femmes victimes
L’objectif reste clair : faire du Maroc un pays où chaque femme peut vivre en sécurité, dignité et liberté
**B.Benhammad